Alors, changeons un peu d'habitude. Pour cette fois ci se sera un commentaire littéraire que j'ai rédigé pour les cours, mais que j'avais envie de partager avec vous, comme ça, je trouvais l'idée intéressante. Certes, mon commentaire est trééés long, tourne autour de la même chose, ressasse, il est aussi trés loin d'être parfait, et de suivre une organisation scrupuleuse, mais je l'ai juste partagé parce que j'en en avais envie. Alors, bonne lecture aux courageux qui voudrais s'aventurer !
Il se concentre sur une étude du poème ''Soir d'Hiver'' d'Emile Nelligan, que je vous mets en dessous, il traite ainsi aussi de l'auteur, par la même occasion.
Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
Ô la douleur que j'ai, que j'ai!
Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire: Où vis-je? où vais-je?
Tous ses espoirs gisent gelés:
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.
Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez, oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.
Ah! comme la neige a neigé!
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah! comme la neige a neigé!
Qu'est-ce que le spasme de vivre
A tout l'ennui que j'ai, que j'ai!...
Émile
Nelligan, écrivain remarquable du tournant du siècle, est le poète le plus aimé
et le plus admiré du Canada français. Figure romantique à la carrière
littéraire tragiquement écourtée, c'est lui qui a fait passer la poésie
canadienne-française dans l'ère moderne. Né d'un père Irlandais et d'une mère
québécoise le 24 décembre 1879; il plonge vite dans la mélancolie; publiant
quelques petits poèmes dans des journaux, inspirés des auteurs romantiques et
symbolistes de son époque, et publiant un recueil pus tard, alors même qu'il
était interné dans un asile, et ce pour le restant de ses jours, jusqu'en
Novembre 1941. Ces poèmes tournent autour de la folie, de la musique, de
l'amour et de la mort, comme on le voit dans ''Soir d'Hiver'' un de ses célèbres
poèmes. Quelles sont les lignes directrices de ce poème symboliques d'Emile
Nelligan ?
Nous
parlerons d'abord de la force de ses sentiments, et des nuances dans lesquelles
il joue; puis des moyens mis en œuvre pour les montrer, notamment par le
cadre de la nature.
En outre, ce que l'on remarque notamment c'est cette opposition du noir et du blanc, consente. Comme le doux et le fort, avec de forts sentiments brulants adoucis par un lyrisme chantant. Mais surtout cette opposition entre ces deux couleurs qui n'en sont pas, ce sont des auxiliaires, qui ne dit donc pas couleur, ne pourrait donc dire pas de vie, et une sorte d'enfermement dans un monde sombre noir. D'où la seule lumière, le blanc, serait la neige que Nelligan voit d'une fenêtre. Connaissant le passé de Nelligan on peut faire un rapport avec l'asile ou il fut enfermé.'' Mon âme est noire, Ou vis-je? ou vais- je ?'' on le sens totalement perdu dans les tréfonds sombres de son âme.; ces deux questions nous font autant réfléchir que le poète, elles nous arrêtent et nous donnent à penser, c'est là un bel effet d'Emile Nelligan, qui nous donnerai
comme dernière référence avec son opposition du noir et du blanc, une opposition de la vie et de la mort.
Également, on peut voir à travers ce poème un effet de reflet, d'illusion, bien présente. On à l’impression d'un rêve enneigé, aux travers d'une vitre, ''Ma vitre est un jardin de givre'' ce serait son jardin secret, son jardin de sombres pensées, froides et figées comme le givre, dénudé de couleur, de vie, mais pourtant, le givre est quelque chose de beau. C'est aussi une belle illusion de la vie et de la mort, ou nous sommes les spectateurs, ce ses ''étangs gisant gelés'' dans ce tout petit et presque virelangue, l'étang pourrait lui aussi être une vitre, un miroir, ou l'auteur y verrait son reflet, figé, triste. Il se voit, progresser, de la douleur à l'ennuie, il s’imagine.
Emilie Nelligan dans son poème, nous fait ressentir une myriade d’émotions, toute fortes, mais sombres, terrifiantes, douloureuses, et extrêmement mélancoliques, qui nous plongeraient presque dans une douce tristesse.Car pour nous immerger dans son illusion, son rêve, il utilise la nature comme moyen d'y parvenir, cette nature aux accents chantants, et lyriques, belle et figée, comme on peut le remarquer.
''Au sinistre frisson des choses'' ce vers nous donne l'impression que la nature frissonne, alors qu'elle ne le peux pas, pourtant à ses yeux, on dirait qu'un vent de terreur a soufflé à sa vitre, sur le doux et froid paysage. Tout n'est que désolation, longue mélancolie.
Mais aussi, le poète va jusqu'à parler ''aux oiseaux de fèvrier'', leur demandant de pleureur, appuyant sa détresse. ''Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses'' Il veut qu'ils pleurs les larmes que lui ne peut verser; on retrouve les fleurs les plus belles, les fleurs de la passion, de l'amour, dans son poéme pourtant si noir et blanc, si froid et terne, celles-ci viennent mettre une touche de couleur, d'un rouge éclatant, mais pourtant assombri. On associe les sons répétés à la nature, les [p] des pleurs, les [j]; mais surtout, on s'arrête sur cette phrase qui parait grotesque aux premiers abords ''Ah ! comme la neige a neige!'' ce vers est tout un mystère à lui même, répété plusieurs fois dans le poème, il veut tout et rien dire à la fois. On pourrait l'associer à l'état mental du poète, mais on pourrait bien aussi pensé à une autre forme pour cette phrase, qui serait traduite comme '' Ah! que le temps a passé!'' comme il défile, sans qu'on puise le rattraper, sans que Nelligan, impuissant derrière sa vitre ne puisse faire quoi que ce soit. Quand au "Spasme de vivre", il reste lui aussi mystérieux, comme si la vie avait voulu prendre Nelligan au dépourvu, comme si l'air avait manqué, et qu'il suffoquait. C'en serait presque un oxymore, car un spasme représente bien souvent le dernier mouvement avant une mort inévitable. Encore une ravissante opposition que nous offre là Emile Nelligan, de sa belle plume.
En conclusion, Emile Nelligan manie les sentiments dans ses
poèmes avec brio, en alliant les opposés, tels que les noirs et les blancs ensemble
pour créer encore plus de force qu'il réussit déjà à en dégager dans son poème,
par de nombreux moyens, qui rendent ''Soir d'Hiver'' unique, et orignal, par les
répétitions, les allitérations, qui nous font ressentir la glace, la fixation,
comme reflet à la propre âme du poème, son état. Tout n'est que mélancolie,
tristesse, enfermement, posé sur un décor allant avec ses sentiments, mais
pourtant d'une réel beauté. Nelligan utilise la nature comme un allié dans son
poème, et file ses émotions sur le fil du temps, comme sur le fil d'une
araignée. Certaines caractéristiques du poème nous amène directement à son état
mental, et nous rappelle l'asile ou il fut enfermé, et la détresse qui a
pu en ressortir. On peut retrouver des caractéristiques de ''Soir d'Hiver''
dans d'autre poème de Nelligan comme ''Le vaisseau d'or,'' lui aussi célèbre.
Ou encore, "La romance du Vin", qui fut retenue dans les mémoire, comme étant le
dernier poème lu par l'auteur.
Petit point :
Parce que tout le monde ne retient pas ce qu'on apprends en cours (de français) pour nombres de raison, j'ai voulu faire un tout petit rappel, pour ceux qui ne saurais pas ce qu'est un oxymore, ou une allitération, pour aider !
Oxymore : Rapprochement de deux mots dont le sens est apparemment inconciliable.
Petit point :
Parce que tout le monde ne retient pas ce qu'on apprends en cours (de français) pour nombres de raison, j'ai voulu faire un tout petit rappel, pour ceux qui ne saurais pas ce qu'est un oxymore, ou une allitération, pour aider !
Oxymore : Rapprochement de deux mots dont le sens est apparemment inconciliable.
Ex: ''Cette obscure clarté'' (Pierre Corneille)
Allitération : Répétition d'une consonne.
Ex : ''Il pleut tout simplement il pleut sans un pli sans une plaie.
Sans gifles aux palais plaquant sans plomb de grêle.
Sans trombes de sel sur les places.
Il pleut sans plus. (Aragon)
Virelangue : Un virelangue (ou casse-langue ou fourchelangue) est une locution (ou une phrase ou un petit groupe de phrases) à caractère ludique, caractérisée par sa difficulté de prononciation ou de compréhension orale, voire des deux à la fois. On parle aussi de trompe-oreilles lorsqu’une phrase est difficile à comprendre et donne l’impression d’être en langue étrangère.
Ex : Les chaussettes de l'archi-duchesse, sont-elles sèches ou archi-sèches ?
Je ne connaissais pas ce poème, merci de me l'avoir fait découvrir !
RépondreSupprimerEt bravo pour ton commentaire, je l'ai trouvé très agréable à lire :)
Merci :D ça fais plaisir :) De rien ;)
SupprimerWow ! C'est le seul mot qui me vient en tête. Ton analyse est vraiment complète et réussie. J'ai adoré le fait que se soit autant détaillé, ça ma beaucoup aidé à comprendre le poème.Vraiment Excellent !
RépondreSupprimerMerci :D je suis vraiment, vraiment ravie que mon analyse te plaise tant :D
SupprimerJ'avais des questions à repondre pour ce texte, et ton analyse m'a grandement aidé! Je te remercie. J'ai pu comprendre plus en profondeur ce poème :)
RépondreSupprimerJe suis contente d'avoir pu t'aider ;)
SupprimerWOOOOOW! c'est de loin la meilleure analyse que j'ai lue!
RépondreSupprimerMerci ! :)
SupprimerTrès bonne analyse ! Elle m'a d'ailleurs beaucoup aidée pour un travail de français sur ce poème.
RépondreSupprimerBonne analyse, mais le texte de la première strophe diverge de l'original. Il faudrait lire :
RépondreSupprimer"Qu'est-ce que le spasme de vivre
À la douleur que j'ai, que j'ai"